Le président de la république a rendu publique sa proposition de réforme du lycée. Alors que tous, lycéens, parents d’élèves, enseignants, attendaient depuis un an une réforme ambitieuse du lycée, Nicolas SARKOZY a longuement aligné de nombreuses banalités.
Nous attendions de vraies pistes de réformes, en vain. Les orientations proposées ne sont qu’une version édulcorée de la réforme Darcos.
Il souhaite « casser » la hiérarchie des filières mais se limite à maintenir à l’identique les filières actuelles.
Il appelle à une revalorisation des langues tout en diminuant chaque année le nombre de recrutement d’enseignants en langues étrangères.
Il souhaite un meilleur accueil des élèves handicapés tout en précarisant les Auxiliaires de Vie Scolaire.
Quant à l’amélioration du système d’orientation, il n’y a rien derrière les mots.
Bref, des actes aux antipodes d’un discours comme toujours offensif et aucune réponse sur les vraies questions : la valorisation des filières professionnelles, les conditions de vie lycéenne, l’évolution du métier d’enseignant…
1,4 millions de jeunes sont concernés par cette réforme. Ils méritent mieux que ce bricolage.
Qu’en est-il des effectifs en classe, des horaires des élèves, de l’amélioration des conditions de travail et d’études ?
Saluant la création des lycées en 1802 par Napoléon, Nicolas SARKOZY se moque de nous en disant : « cela voulait dire désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est pas d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur ».
Cet éloge de la méritocratie a de quoi faire sourire depuis l’annonce de Jean SARKOZY à la tête de l’EPAD des Hauts-de-Seine.
Sophie DEGIOANNI
Secrétaire fédérale en charge de la commission « développement de la société de la connaissance »