Mes chers amis,
L'actualité nous a permis de nous rencontrer à de très nombreuses reprises au cours de ces dernières semaines.
Toutefois, je tiens à souligner le caractère particulier du rendez-vous qui nous rassemble ce matin. Organiser, de manière régulière ces séances de travail, est indispensable pour faire vivre nos idées, pour nourrir notre réflexion et surtout guider nos actions et initiatives.
Avant d'aborder les thèmes qui ont été mis en débat ce matin, je tiens à revenir sur notre attitude et nos positions sur les conséquences dramatiques de l'obstination et de la surdité gouvernementale face au mouvement social.
Chacun s'accordait sur la nécessité de réformer notre régime de retraite, y compris les syndicats. Mais il fallait le faire avec un souci d'efficacité et de justice, et ce n'est pas le cas aujourd'hui. Les gens sont inquiets pour eux, comme pour leurs enfants. Ils éprouvent aussi, et c'est plus grave, un profond sentiment d'injustice dont on aurait tort de sous-estimer l'aggravation.
Aujourd'hui, nous devons rester mobilisés, à l'écoute de ceux et celles qui rejettent cette injustice et ne veulent pas d'une loi qui de la régression une ligne de conduite politique.
Vous le savez, pour nous les socialistes notre ligne est claire. Nous sommes un parti réformiste et nous proposons sur les retraites un projet alternatif plus juste et plus crédible.
Nous souhaitons que le gouvernement rouvre les négociations et nous dénonçons l'obstination du Président de la République qui devra assurer la responsabilité de la radicalisation du conflit par son attitude méprisante tant pour la représentation syndicale que pour la représentation nationale.
Si le gouvernement devait aller jusqu'au bout nous prendrons acte de sa surdité, nous veillerons à ce que les syndicats ne soient pas humiliés et surtout nous prendrons date avec les français pour 2012.
Cette position sur la question des retraites ne doit pas nous empêcher, nous élus socialistes et républicains, de nous interroger sur les problèmes créés par certains conflits.
Et en la matière nous sommes parfois sur la ligne de crête.
A Marseille, la question du ramassage des ordures ménagères est désormais une question d'hygiène et de santé publique.
De même, nous devons tracer une ligne claire pour le port de Marseille, dont l'avenir est remis en question par le blocage actuel.
Je le répète : la défense du droit à une retraite équitable est compréhensible et d'ailleurs, j'étais moi-même au premier rang des manifestants. Si la cause est juste, et je n'en doute pas, je crains pourtant que le combat choisi par certains ne soit pas le bon.
Prendre en otage les Marseillais, familles, commerçants ou entrepreneurs ne résout rien et aggrave un quotidien déjà bien souvent difficile.
La grève des poubelles à Marseille, ou la grève des « tatas » dans les écoles concentre ses effets négatifs sur une population qu'elle est sensée défendre. Il faut bien en avoir conscience.
Je tenais à apporter ces précisions, pour couper court à toutes les interprétations hasardeuses qui ont pu être faites de mes prises de position.
Je suis un élu socialiste, responsable, fier de son identité, fort de ses convictions.
Il ne sert à rien d'ajouter de la surenchère à la surenchère ! Aujourd'hui nous devons être lucides et ne pas nous bercer d'illusions. Ce n'est pas ce que les français nous demandent.
Etre responsable, c'est aborder franchement ces sujets, sans se défausser.
C'est dénoncer avec fermeté les fautes de la droite et exiger après le passage en force au Parlement, une remise à plat du mauvais texte sur les retraites.
Etre responsable, c'est préparer un projet qui permettra de refermer la page des années Sarkozy.
Au cours de la matinée, vous avez travaillé sur les conséquences de la réforme territoriale et sur l'évolution des pouvoirs du maire en matière de sécurité.
Nous avons l'obligation d'aborder, sans tabou, la question de la sécurité, qui est un terrible échec de Nicolas Sarkozy. Et face à l'inquiétude de nos concitoyens, nous avons l'obligation de formuler des propositions crédibles, audacieuses et courageuses.
Protéger les citoyens et les biens, c'est le rôle de l'Etat. Il est essentiel et toute défaillance en ce domaine régalien met à mal notre pacte républicain.
Sur le terrain, nous pouvons, chaque jour, constater bien des insuffisances, bien des manquements, dénoncés par de nombreuses organisations syndicales et par de nombreux élus.
Il ne nous appartient pas, en tant qu'élus locaux, de nous substituer à l'Etat.
En revanche, il est de notre devoir de prendre des initiatives qui contribuent à favoriser la cohésion sociale, à lutter contre les exclusions et visent à renforcer la conscience civique. C'est dans cette perspective que nous sommes signataires de contrats locaux de sécurité.
Mais pour apporter des réponses convaincantes, nous ne devons pas hésiter à débattre encore de ce thème et je crois que nous devrons y consacrer un temps de travail et de réflexion.
Je veux également saisir l'opportunité de cette rencontre pour aborder la question de la réforme territoriale et les conséquences qu'elle aura sur nos combats à venir.
Au lendemain du dernier renouvellement par moitié des conseillers généraux, en mars prochain, il n'y aura plus de scrutin local avant 2014.
Bien évidemment, je n'oublie pas le point d'orgue présidentiel et législatif de 2012, pour lequel nous devons préparer un projet audacieux et conquérant afin de favoriser l'alternance.
Nous mesurons d'ailleurs tous l'importance de ces élections si l'on veut changer le cours des choses, pour nos territoires, comme pour bien des sujets essentiels de notre vie républicaine.
Gagnons les cantonales, afin d'être dans les meilleures dispositions pour gagner un an plus tard. Soyons cependant lucides et disons-nous clairement les choses et prenons, sereinement, les étapes les unes après les autres.
A moins d'un miracle, a moins que le droite rassemblée derrière un gouvernement remanié ne soit touchée par la grâce, quel que soit le résultat des travaux de la commission mixte paritaire chargée d'aplanir les différences entre le Sénat et l'Assemblée, nous aurons, dans quelques semaines, un texte réorganisant le paysage territorial français.La droite, malgré les difficultés qu'elle rencontre pour imposer cette réforme régressive, ne cèdera que peu de choses car elle entend, avec cette loi, reprendre pied dans les territoires. Car s'il y a un point sur lequel nous pouvons tous être d'accord, c'est bien que cette réforme territoriale une arme politicienne. S'il n'y avait pas une majorité de départements, de villes et de régions à gauche, je ne pense pas que nous aurions eu droit à ce texte.
Toutes les justifications qui ont été avancées, la volonté de faire des économies, notamment, ne tiennent pas la route une seule seconde.
Il en va de même avec le souci réaffirmé à de maintes reprises de vouloir rendre notre organisation territoriale plus lisible.
Ce que veut la droite, c'est mettre un terme aux avancées de la décentralisation, en mettant un point final à l'autonomie financière des collectivités.
C'est un des points essentiels qu'il ne faut jamais perdre de vue.
A la création d'un nouvel élu, le matin conseiller régional, le soir, conseiller général, et par la magie de la loi, conseiller territorial élu sur des cantons redécoupées, s'ajoute la politique d'austérité mis en œuvre avec le projet de budget 2011.
Cette situation sera aggravée, comme vous l'avez évoqué ce matin, par la suppression de la clause générale de compétence et la limitation des financements croisés.Nous avons déjà, à de nombreuses reprises, souligné combien ce texte est un recul en arrière. Il ne simplifie rien, contrairement à ce qu'affirmait le Président de la République en le présentant.
Pire, il pourrait compliquer la donne en favorisant, demain, la possibilité de créer des métropoles ou des communes nouvelles.Les maires, qui sont l'expression même de la démocratie républicaine, verront leurs champs d'interventions réduits à bien peu de choses face à ces nouvelles structures, qui risquent, si personne n'y prend garde, de devenir de véritables monstres administratifs.
Cela dit, cette attitude ne doit pas être une occasion qui nous conduise à privilégier la facilité du statu - quo.
Je refuse cette réforme, je l'ai dit, je le redis. Mais à la différence du mauvais et injuste texte sur les retraites, sans accepter le recul, je suis persuadé que nous pouvons, que nous devons, nous organiser pour éviter d'être les victimes consentantes de la loi édictée par nos adversaires politiques.
Et nous pouvons nous saisir de cette réforme pour parler franchement la question de la nature des compétences de chaque collectivité. Posons la question : quelle compétence, pour quel territoire ? La proximité, c'est et ce doit être l'affaire des communes et des départements.
Et si l'on parle de coopération métropolitaine, disons fermement qu'il s'agit d'engager des chantiers sur de grands dossiers, comme les transports, ou bien encore l'aménagement du territoire, pour ne citer que deux exemples.
Je ne m'en cache pas. A la métropole imposée, je préfère un projet partagé, un projet respectueux des identités locales et basé sur le volontariat.C'est d'ailleurs la prolongation logique de la politique que je mène depuis plusieurs années à la tête du Conseil général.Depuis 12 ans, je me bats avec énergie pour rassembler, pour mettre les gens autour d'une table, pour faire vivre la concertation, dans le respect de chacun, mais avec le souci permanent de faire émerger de vraies réalisations.
Ce n'est pas facile.
L'exemple du syndicat mixte des transports prouve que seule une infinie patience et une sérénité à toute épreuve permet de dégager des pistes durables.
L'avenir est là. Il est dans ce travail que nous devons conduire ensemble, patiemment. C'est dans cette perspective que j'ai pris la responsabilité de rapprocher les différentes intercommunalités du département et c'est dans cette perspective que je souhaite travailler, autour de projets structurants, permettant de mettre en place des réalisations concrètes. Et c'est dans cette perspective que nous devons nous placer, afin de préparer avec dynamisme les échéances que allons devoir affronter.
Les combats qui nous attendent seront difficiles. Et pour être à la hauteur des enjeux, travaillons. Travaillons pour proposer, travaillons pour faire vivre notre engagement sur le terrain et travaillons pour donner sa chance à l'alternance.
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à 19h29
trés bonnes initiatives . au lieu de chers amis::: chers camarades
je suis présent à chaque manisfestation à Marseille je suis dterminé à mené le combat et nous irons juusqu'au bout