Pétition pour la défense du département sur le site du CG13
Chers camarades,
En mettant l'accent sur le nombre trop élevé d'élus, le président détourne une nouvelle fois l'attention des citoyens vers un bouc émissaire : l'élu local. Sa réponse est simpliste, populiste, en supprimer la moitié. Son objectif affiché est de faire du chiffre. Fausse réponse à faux problème : le coût global des fonctions politiques des pouvoirs locaux représente aux alentours de 1% de leurs dépenses de fonctionnement, selon le président du Sénat.
Il explique sa réforme par la nécessité pour les collectivités locales de « contribuer à la réduction des déficits ». Pourtant c'est le budget de l'Etat qui est en déficit, de 140 milliards d'euros. Il a plus que doublé en 12 mois. Les collectivités territoriales, ont, elles, l'obligation légale de voter des budgets à l'équilibre. Malgré ce, elles engagent 73% des investissements publics sur le territoire.
La République française est à un tournant de son histoire. Le tryptique de réformes que le gouvernement présente devant le Parlement marque un coup d'arrêt sans précédent à la décentralisation telle qu'elle s'est développée depuis 1982 :
- disparition de fait de l'autonomie fiscale et financière des collectivités locales, pourtant protégée par l'art. 72-2 de la Constitution et la loi organique du 29 juillet 2004
- destruction de l'organisation territoriale fondée sur le couple organisation stratégique (Région, Etat, Europe) / politiques de proximité (département, communes, intercommunalités)
- généralisation du mode de scrutin à un tour dans le seul but de favoriser l'UMP
L'opération politicienne est visible. Elle vise à mettre en difficulté les présidents socialistes d'exécutifs avant les élections régionales de 2010, cantonales et sénatoriales de 2011 et installer durablement la droite au pouvoir à tous les échelons de la République.
Le bilan démocratique risque d'être plus grave encore. Pour la première fois depuis près de 30 ans, l'Etat opère une reprise en main des collectivités locales. Il casse la dynamique impulsée en 1982 et cherche à assujettir les contre-pouvoirs locaux.
Le Conseil général des Bouches-du-Rhône a lancé une pétition en ligne pour la défense des services publics de proximité. Soyez nombreux à la signer, et faites circuler l'information.