Propositions faites au Préfet de Région dans le cadre de sa mission Métropole

Communiqué de presse

Marie-Arlette Carlotti,

Ancienne Ministre,  Conseillère métropolitaine

Muriel Prisco

Conseillère métropolitaine.

(Le 9 octobre 2018)

Au moment où le Premier Ministre confie au Préfet de Région une délicate mission sur l’avenir de notre Métropole, et dans le cadre de la concertation qu’il a entrepris de mener avec l’ensemble des élus, nous avons souhaité transmettre ces propositions.

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Il faut bien reconnaître que les premières années d’existence de la Métropole ont été en partie ratées. Et l’énergie des acteurs de terrains qui avait prévalu au moment de sa création, a été gâchée. Si bien que nous sommes entrain de construire une Métropole hors-sol, loin des préoccupations des gens, qui ne traite pas la question des inégalités territoriales et sociales.

Si la situation perdure, nous allons dans le mur.

La mission confiée au Préfet de Région par le Premier Ministre doit être l’occasion d’un nouveau départ.

1/Oui a la fusion Métropole-Département parce qu’elle nous permettra de repenser une politique basée sur 2 piliers : Le développement économique et l’approche sociale.

Notre ambition est de faire baisser massivement l’exclusion, la pauvreté et la précarité pour des dizaines de milliers de nos concitoyens. C’est ainsi que nous changerons le visage de notre territoire.

Pour cela nous proposons la réaffectation de crédits, aujourd’hui consacrés à un pur transfert vers les communes, en direction de l’insertion sociale : 100 millions du budget global pourraient être réorientés vers des programmes de formation et de retour à l’emploi. L’expérimentation « territoire zéro chômeur » en vigueur dans quelques départements pourrait être étendue à la Métropole.

2/ Oui au suffrage universel direct dès 2020. La Métropole deviendrait ainsi une collectivité locale à part entière et les citoyens seraient les arbitres du projet Métropolitain.

3/ Une nouvelle répartition des compétences, car celle actée au 1er janvier 2018 est incohérente. La seule question qui vaille est de rechercher le bon niveau pour agir.

Deux niveaux d’actions publiques sont nécessaires : aux communes les compétences de proximité (avec possibilité de contractualisation par bassin de vie), à la Métropole les grands projets structurants.

4/ Un audit pour une mise à plat des finances des 2 collectivités.

Le budget de la Métropole est pour le  moins serré. La Métropole ne dispose pas de marges de manœuvres financières, les dépenses de fonctionnement continuent d’augmenter, notre capacité d’investissement est quasiment nulle, la dette de 2,5 milliards d’euros est colossale. Et depuis 2018, nous sommes entré dans un cercle vicieux d’endettement.

Pas question que la fusion se fasse seulement pour obtenir de nouvelles capacités financières à court terme, au détriment des politiques économiques et sociales.

5/ Revoir l’Agenda de la Mobilité pour lutter contre la fracture territoriale et axer l’intervention publique en faveur de l’amélioration  des transports du quotidien  sur l’ensemble du territoire métropolitain.

A Marseille, ou des dizaines de milliers de personnes vivent enclavés, sans transport public accessible, il est essentiel de proposer un plan de desserte qui inclut tous les quartiers et qui favorise l’insertion sociale.

L’agenda actuel se contente de fusionner les 6 schémas transport des 6 EPCI sans les décloisonner, et il a peu de chance d’être financé.

Nous demandons à l’Etat d’appuyer le nouveau plan mobilité et nous souhaitons qu’il intervienne au même niveau financier qu’en Ile de France ou dans le Métropole Lyonnaise.

6/Un contrat entre les acteurs locaux et l’Etat pour construire ensemble un plan de développement à 30 ans.  

Nous demandons que, dans le cadre d’un accord financier, des efforts soient fait de part et d’autre.

Aux communes qui ne peuvent plus se contenter de «  charger la barque » et d’utiliser le budget métropolitain comme une simple boite aux lettres.

À l’État, qui ne peut continuer à nier son manque d’implication sur sa façade méditerranéenne. Ce qui se joue ici,  n’est pas qu’un enjeu local, c’est un enjeu national : c’est celui de l’influence de la France en Méditerranée.

7/Faire le pari de Marseille.

Il n’y aura pas d’avenir pour la Métropole sans une ville capitale qui tire vers le haut le territoire. C’est notre ambition pour Marseille.

Dans une relation saine avec la Métropole, Marseille peut reprendre une place majeure dans le concert des grandes villes de Méditerrané. Sa vocation, c’est d’être la capitale française de la Méditerranée.

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